la France est ravagée par la Seconde Guerre Mondiale de 1945 La victoire a coûté cher en argent, en litres de sang La chute des allemands puis la fin d'Hitler, Les tirailleurs sénégalais épaulés par l'Algérie ont quitté leurs petites chéries pour l'amour de ce pays, La bataille est finie, c'est le début de la Troisième Guerre... Des obus sont restés coincés dans les rues de Poitiers
La France doit reconstruire, rebooster son économie, Rembourser les milliards de l'américain son ami... A ce moment-là, la France ne se sentait pas très forte, la guerre fut un gros choc, la capitale était morte Il fallait la relooker au même titre qu'un mannequin Car ses talons s'étaient cassés sur les routes de Berlin Pour ça, il fallait des hommes costauds et robustes, Prêts à tout pour la famille laissée au bled dans la famine C'est là qu'ils ont fait appel aux immigrés Portugais, noirs, maghrébins, ritals, espagnols : tous avaient un point commun, fuir la misère dans le besoin,
Tous prêts à travailler comme des dogues argentins, la main d'½uvre est humaine, les outils sont les hommes qui vendent corps et âmes, leur chair pour pas cher Dans le bâtiment, la voirie, les mines de charbon, à l'usine, à la chaîne, l'immigré se déchaîne
1963 l'arrivée de Moussa, 1964 l'arrivée de Hussein. Moussa, 23 ans, originaire de Dakar, lorsqu'il débarque à Marseille en clandé dans des containers Hussein a 24 ans quand il vient d'Alger, fils d'ancien combattant harki réfugié politique Il dépose ses valises sur la ville de Paris, à Belleville, à l'ouest de la belle vie Moussa décroche un boulot dans la voirie, il ramasse les déchets à mains nues, sans les gants Hussein, quant à lui, travaille à l usine, il respire de l'amiante pour cracher son loyer, crouille... Hussein et Moussa vivent dans des foyers pour jeunes travailleurs immigrés, sans moyens, classés par communauté, par pays, par couleur. Moussa ne vit qu'avec des noirs et Hussein avec des beurs, La France n'avait pas l'intention de les dépayser, l'objectif était de bosser et de ne pas les intégrer Les portugais mangeaient portugais, dormaient portugais, Les arabes parlaient qu'en arabe, marchaient qu'entre arabes, Les noirs, dans le noir, faisaient du travail au noir Chacun vivait avec la personne qu'il y avait dans son miroir La meilleure nourriture au monde pour Moussa était du riz, Les meilleurs plats de la terre pour Hussein, la galette kabyle 1980, 20 ans passés en France, Moussa et Hussein à la chaîne se déchaînent.
1981, Hussein cherche une femme, 1982 Moussa se marie, 1983 Hussein trouve sa femme, 1984 les deux font des gosses
Ca se passe tout au début des années 80, l'arrivée des HLM qui deviendront des banlieues.
Moussa recherche un logement, obtient sa mutation, quitte Marseille pour Paris, pour agrandir sa famille
De son côté Hussein aussi doit déménager, une pétition est signée pour immeuble en démolition
La vérité, c'est qu'il fallait les reloger afin de rendre des secteurs plus fréquentables comme d'hab Quand Moussa arrive dans la cité, il est comme choqué en s'apercevant que son voisin n'est plus sénégalais
En face, Hussein est autant choqué, son voisin c'est Moussa
Moussa face à Hussein, ils parlent en langage des signes, aucun d'entre eux ne parle le français,
A force de rester qu'entre eux, tous ceux qui ne sont pas comme eux sont des b½ufs
Les noirs parlent des arabes, les arabes sur les noirs, car la France les a conduits sans phares ni anti-brouillards
Voici le départ de la Troisième Guerre
Le travail leur a pas laissé le temps d'apprendre la grammaire
« Nique sa mère, nique sa grand-mère », c'est notre vocabulaire
1996 : pour Hussein c'est la merde, car son fils Malik, 12 ans, traîne avec Boubakar le grand fils de Moussa qui ne comprend pas les arabes.
Les deux familles ne se supportent pas, se trouvent des défauts
Ce qui rapproche encore plus leurs enfants, meilleurs amis du monde, solidaire
Boubakar et Malik s'attachent, s'enchaînent, leurs parents se déchaînent .